Wednesday, July 24, 2013

Ce soir là

Ce soir là aussi il faisait bon. Je devais avoir un peu bu, comme ce soir, pas de quoi changer quoi que ce soit. Je regardais le même ciel, mais j'avais Nat à coté. C'est ce soir là que la vie a choisi de changer, quand Clara est arrivée et nous a présenté son amie.

Ca fait 3 ans ce soir.

Et c'est la première fois depuis ce jour là que je passe la soirée seul. Je suis pas vraiment mal, je suis triste. Triste parce qu'au final, j'ai fini par abandonner l'idée de "vivre avec". Parce sue je peux pas, c'est trop lourd. Je tiens 1 heure, une journée mais j'arrive pas à vivre. Je suis triste parce que je m'y suis résigné
A t'oublier.

Oublier qui tu es, ce qu'on a vécu, ton image. Jusqu'à ton prénom.
 Mais si seulement c'était aussi simple.

Plus je veux que tu n'aies jamais existé dans ma vie. Plus tu es là. Un mot, une phrase, c'est un coup de plus, une lame qui remue dans la plaie, encore. 40, 50 fois par jour.

J'aimerais t'oublier aujourd'hui, pour arrêter d'avoir mal, pour vivre de nouveau.

Je sais pas où est parti ton chemin ce jour là. Moi j'ai avancé sans toi.
Tu as tous les bons souvenirs? Tu es nostalgique des fois?
Moi j'ai pas cette chance.

Moi quand je pense à toi, si seulement j'entends ton prénom, vois ton image, j'ai mal; je souffre au fond.

En 4 mois j'ai appris à devenir plus fort, j'y suis bien arrivé.
Mais je t'aime toujours autant.

Alors si il n'y a rien à faire ici, je vais partir.
Loin. Je vais changer de vie, complètement.

Le Canada, c'est assez loin pour qu'on ne se recroise jamais non?
Changer d'environnement, de culture, de personnes, de langue, d'univers. Essayer de devenir quelqu'un, pour oublier que je n'ai été personne au moment où tu es partie.
Loin, assez loin pour enterrer tout ça. Ce sera toujours là, mais peut-être que j'arriverais mieux à me persuader que tu faisais partie d'autre chose.

J'ai décidé de partir quand un matin, en me réveillant, encore une fois, je me suis tourné pour t'embrasser après avoir rêvé que tu étais là. C'est trop, ça suffit.

Alors peut-être que je ne suis pas assez fort pour m'en sortir sans toi finalement, que je n'ai pas une faculté de changement et d'adaptation suffisante.
Et bien si je n'arrive pas à m'adapter à cette vie, cette vie s'adaptera à moi.

J'ai un peu peur de penser à la question du " si c'était à refaire ". Encore plus de sa réponse. Parce que si aujourd'hui on me met en face le bonheur que tu m'as donné, je verrais juste à quel point je suis tombé de haut.

Est-ce que tu aurais pas perdu ton temps avec moi?

Tu es arrivée trop tard dans ma vie d'ado ; trop tôt dans ma vie d'adulte.
Je suis arrivé trop tôt dans ta vie tout court.

Tu vois, j'en suis là. J'essaye de noyer ton existence, fuir le plus loin possible, le plus vite possible, éluder les questions qui dérangent. 
Je suis encore plus pathétique qu'avant t'as vu?

C'est vrai, je suis plus grand surement, plus fort, sans doute plus jeune paradoxalement, et j'ai même retrouvé des rêves. J'ai récupéré tout ce que j'avais perdu, et gagné ce que je voulais.
Tout ça en échange de ton départ.
Mais maintenant que j'ai tout ça
Il me manque toi.
Alors oui, aujourd'hui je peux te le dire; j'ai eu ce que je voulais, mais je le vois maintenant
Te perdre pour ça, ça valait pas le coup.

Demain, nous aurait eu 3 ans. J'y penserai, avec l'amertume habituelle en pensant à cette histoire si belle et improbable que j'ai vu s'effondrer sans bouger. J'aurais du bouger bordel. Une histoire que tu as tué mais qui sera jamais vraiment finie à mes yeux. J'arrive pas à donner une mort définitive au nous.

Cette réalité, elle est un peu difficile à accepter pour moi.



Alors voilà, il y a 3 ans que je t'ai rencontré; toi qui aura réussi à me montrer ce que c'était que d'être heureux, d'avoir tout, de vivre pour quelqu'un, d'aimer, plus que sa propre vie.
Et de tout perdre.


Joyeux anniversaire post-mortem.


Si un jour tu reviens, tu prendras peur. J'angoisse en voyant que je t'ai promis une vérité.
Je suis vraiment parti pour t'aimer toute ma vie au fond.


Et des fois, comme ce soir, je me demande.

Dis, toi, est ce que tu te souviens,
Il y a longtemps,
À un moment;
Comme nous étions heureux?



Quand nous étions deux.

Sunday, July 7, 2013

Monday, June 24, 2013

Open wound

J'écris pour relâcher, j'écris pour extérioriser. Je laisse une trace écrite de choses que j'écris pour les oublier.
J'ai compris, j'ai compris que tu étais quelqu'un de bien; j'ai compris que tu étais une fille géniale, ça fait longtemps que j'ai compris ça.
Ces jours, je pensais être devenu assez fort, avoir passé une étape, avoir réussi à serrer les poings. Je pensais avoir réussi à commencer à m'en sortir. J'ai promis à Rex, j'ai promis à Pas. Promettre à des peluches, c'est pas la preuve que ça va mal ça?
Ces derniers jours j'ai pensé que je pouvais vivre avec, que je pouvais vivre avec un creu dans le coeur sans qu'il fasse mal.

Emma écrire ton prénom me fait du mal, penser ton prénom me fait mal; j'ai ton image, et je dois sans arrêt trouver un moyen pour maintenir tout ce qui reste après toi et le garder en équilibre.
Non, ce n'est pas facile. Non, vivre au quotidien avec le sentiment d'avoir perdu la personne qu'on avait de plus cher parce qu'on a merdé, pour des conneries; ce n'est pas facile. Non le sentiment que jusqu'à ce que je crève tu seras plus jamais là, c'est pas facile.

Bordel Emma, t'as pas compris? T'as pas compris que je m'étais attaché à toi trop profondément, que tu as brisé les liens trop subitement, et que maintenant je dois vivre la vie dont j'avais peur. Jusqu'au bout.

J'ai des dates marquées en noir sur le calendrier maintenant. Ton anniversaire, nos anniversaires, le jour où tu es partie. Tu crois vraiment que quelque chose peut combler le gouffre qui s'est formé?
Même si quelqu'un en était capable, j'ai trop peur de redonner ma confiance. J'ai trop peur pour une vie.
J'ai cru que j'allais en crever bordel, pendant des semaines, des mois. Ça fait 3 mois et demi bientôt; et je demande encore; qu'est ce que je dois faire, comment je dois faire, pas pour t'oublier; pas pour plus t'aimer; je peux pas; mais juste pour vivre bordel.
J'ai oublié de sourire Emma, j'ai oublié de sourire parce qu'encore une fois ton prénom me broie, moi et tout ce qui reste.

Je sais, tu as fait ce qu'il fallait, pour être heureuse, pour être bien; et si c'est sans moi alors c'est bien comme ça.

Je t'en veux pas, je t'aime toujours; et je t'aimerai toujours; mais putain Emma, dis moi, si un jour tu passes ici, si tu lis ça, si tu vois ça; dis moi toi; je dois faire quoi quand je sais que tu as demandé de mes nouvelles?

Putain de merde Emma, pourquoi il fallait que tu en aies quelque chose à foutre de moi? Tu es partie comme si j'existais pas, tu t'es barrée sur un coup de téléphone. Genre, sérieusement? On est resté plus de 2 ans et demi ensemble, et j'ai eu droit à un coup de téléphone. J'ai l'impression d’être une serpillière vivante quand j'y repense. J'ai juste peur de toi, peur parce que tout, tout fait mal; et j'ai peur de te revoir un jour, peur d'avoir des nouvelles.

Et quand tu demandes des nouvelles à mes parents, ça prouve que tu m'oublie pas. Alors si tu m'oublies pas, pourquoi bordel? Hein, pourquoi t'es partie comme si j'existais pas, comme si j'avais aucune existence dans ta vie? Pourquoi tu m'as fait disparaître comme un torchon qu'on jette?

Libre, toi tu es libre, libre et heureuse j’espère; parce que moi je serai jamais libre; j'ai plongé trop profond, et aujourd'hui je continue d'en prendre plein la gueule.

Putain Emma, pourquoi fallait que tu sois quelqu'un de bien?

Regarde, il suffit que je sache que tu as essayé de prendre des nouvelles pour que mon univers s'effondre. Il s'effondre Emma, tout ce que j'essaye de reconstruire s'effondre, à chaque fois. Mais c'est ton droit, et je ne t'en priverai jamais. J'ai l'habitude de penser à toi avant de penser à moi.

Mais sache le Emma, sache le et imprime le bien.
Quand j'ai dit que tu étais la femme de ma vie, c'était pas pour te faire plaisir.
Et aujourd'hui je prends dans la gueule tout ce que ça implique; et je m'en voudrai surement jamais assez.

Je sais pas si tu passeras ici un jour; si oui tu verras plein de trucs, je sais pas si tu pourras tout supporter. Mais moi dans tout ça... Emma dans deux semaines c'est ton anniversaire, je vais encore écrire; le 25 ça aurait été notre anniversaire, je vais encore écrire. L'année prochaine aussi.

Le nouvel an ce sera sans toi, ma rentrée sera sans toi.

Putain Emma plus personne m’appelle pour me réveiller le matin maintenant. Le matin c'est juste le désespoir et la peur.

Tu penseras que j'exagère ce que je dis dans ce message, mais vraiment pas.
Je sais pas, je me demande si tu as vraiment réalisé à quel point je suis amoureux de toi.

J'ai changé, j'ai tellement changé, mais c'est dur Emma, de me dire que je vais crever sans te revoir; parce que je t'aimerai toujours et que je pourrai jamais devenir ton ami. Et toi tu reviendras pas, parce que tu me croiras pas quand tu liras que j'ai changé; tu penseras que dès que tu reviendras ce sera de nouveau pareil. C'est faux, mais de toute façon, comment je pourrais te prouver ça? Moi j'ai aucun pouvoir.
Tu reviendras pas surtout parce que tu trouveras quelqu'un qui te rendra vraiment heureuse comme tu le mérite. Et c'est tout ce que je te souhaite, du bonheur.

J'ai merdé bordel, je suis désolé. J'ai des images qui reviennent tous les jours, de ce que j'aurais du faire quand il fallait; dans les petits et les grands moments.

Je m'en sortirai jamais de ça.

Alors oui un jour ça ira peut-être moins mal; mais y'aura jamais personne d'autre; et ton image sera toujours là. Y'aura toujours ce couteau qui remuera dans la plaie ouverte.

Je t'aimerai toujours Emma, promis promis promis; alors s'il te plait si tu ne m'oublies pas; si toi aussi quand tu fermes les yeux, des fois tu penses à moi; l'oublie jamais.



J'ai jamais vu un nuage aussi gros, jte jure Emma.

Jamais

http://www.youtube.com/watch?v=RkLttNn7dhU

Monday, June 17, 2013

Loop

Il y a plein de choses qui ne sont plus les mêmes. Dans ma vie, mon emploi du temps a été complètement réagencé, y'a plein de trous dedans, des trous que je remplis pas. Du temps libre, tu temps pour toi à la base.
Tu temps pour rien désormais.
Dans ma façon de te voir aussi, aujourd'hui, je m'efforce de comprendre que tu ne reviendras pas, même si mon cerveau n'arrive pas à assimiler l'idée. Il faut que je sois chaque minute à me battre contre ce mensonge facile du "elle va revenir, bientôt". Non, tu vas pas revenir; bientôt. Tu vas pas revenir tout court. Et je passe toute mon énergie pour assimiler la réalité.
Dès que quelque chose qui pourrait s'apparenter à de la joie essaye de s'exprimer, il y a ce vide, qui tire tout vers le bas, et l'image de ton sourire, pour me rappeler que non, non tu n'es plus là. Et le bonheur non plus.
Les choses ont changé dans ma tête aussi. Ma personnalité, mon caractère, mes valeurs, mes priorités.
Mes convictions.
Tu es partie en emportant mes rêves, mes projets. Tu m'as laissé là sans but, sans raison de continuer, sans quoi que ce soit pour m'accrocher.

Oui c'est vrai, il y a des matins où je me réveille, et où je regrette de m'être réveillé.
Ça arrive souvent.

La douleur s'intensifie de jour en jour. Ton prénom devient presque tabou, tes images doivent être cachées. Notre histoire, des fois je me demande ce que ça représentait pour toi ? Ce que c'est, à tes yeux aujourd'hui ?

J'ai l'impression d'être une crevure sur pattes, j'avance; mais à quoi bon? Je ressens plus les choses, j'ai plus la volonté de réussir pour être heureux.

Je sais pas si tu imagines à quel point Rex est important. Cette peluche, c'est le seul truc auquel je m'accroche, c'est mon dernier repère.

Pour les autres, pour ce monde, rien n'a changé. Alors pourquoi j'ai l'impression d'être mort, et d'avoir été traîné dans la même vie comme si rien ne s'était passé?

J'accorde plus aucune valeur à ma vie aujourd'hui Emma, je continue pour continuer, parce que c'est le plus simple, le plus facile. Mais oui, c'est vrai.

Il y a vraiment des matins où je regrette de me réveiller. 

Tu sais même pas que je suis désolé, tu sais pas de quoi je suis désolé, tu sais pas que je t'aime toujours autant. Tu sais pas que j'ai l'impression de devenir un monstre pour m'adapter.

Les mots sont exagérés, mais le sentiment est bien réel. Et quand je pense à toi, j'ai juste ce goût amer de t'avoir perdu. J'ai pas ce sentiment de nostalgie avec un sourire au coin de la bouche parce qu'on a été heureux. J'ai des larmes, des larmes de rage, un sentiment d'échec, un sentiment d'inachevé; de choses que j'ai pas su dire quand j'aurais du, que j'ai pas su faire quand j'aurais pu. De t'avoir vu partir sans savoir quoi faire.

J'ai juste cette satisfaction de penser que tu es heureuse de cette façon, ça me permet de me regarder dans la glace. Mais pour voir quoi?
Une carcasse. Je suis une carcasse. 

C'est trop lourd à porter comme cicatrice, c'est invisible, personne ne sait au fond le choc et les effets irréversibles que ça a, et continue de causer. Même moi, je n'arrive pas à totalement comprendre, maîtriser, ni savoir qui je deviens.

J'ai changé Emma, c'est sur. Dans les petites choses de la vie, j'ai changé.

Je t'avais dit que je supportais pas Macklemore & Ryan Lewis, j'avais même refusé de te télécharger ça à tel point c'était de la merde.
Je suis fan aujourd'hui, j'écoute ça tous les jours, tout le temps; c'est surement passé numéro 1 dans mon ipod. Tu le sauras peut-être jamais.

J'avais dit que la musique éléctronique me faisait vomir, que j'écoutais presque que du rock et du métal. Aujourd'hui, j'écoute autant de folk que de rock, et surement plus d'éléctro que de métal. Tu l'entendras surement jamais.

Je t'avais dit qu'il fallait pas fumer en soirée, que la drogue c'était pas bien, que c'était dangereux; que moi jamais je ne fumerai. Finalement, j'ai fumé aussi. Mes principes les plus ancrés ont aussi changé tu vois, mais ça tu le liras certainement jamais.

J'avais dit que je garderais toujours mes vieilles converses. J'en ai de nouvelles, après 4 ans, des converses neuves, différentes. Mais tu les verras malheureusement peut-être jamais.

Le go c'est devenu un gros point d'interrogation dans ma vie. Je pense que tu serais triste d'apprendre que j'ai arrêté, alors je continue, mais au delà des rares moments où je me prends à vouloir m'évader; j'ai du mal à trouver une raison de jouer. J’espère que tu l'apprendras jamais.

Même si tout semble avoir changé, ce qui reste immuable c'est mes sentiments pour toi. Pourquoi au milieu de tout ça, je t'aime toujours autant? Je sais que je m'enferme, je sais que c'est une spirale; mais je me vois pas faire autrement. Je t'aime Emma, ça changera jamais. J’espère que tu le sais.

La nuit je sors et je lève la tête pour voir si les étoiles me répondent. Et si il n'y en a pas, alors je me défoule sur la lune.

J'étouffe Emma. Dans cette vie sans toi j'étouffe. Je m'étouffe avec toute cette haine que je redirige sur moi. J'étouffe d'être bloqué dans un statut quo identique à avant, alors que tu es partie. J'étouffe de devoir vivre une existence quotidienne qui m'indiffère. J'étouffe de l'amertume quand je pense aux vacances à venir où je n'irai pas à l'île d'Yeu avec toi. J'étouffe de savoir que même en ayant fait des erreurs, j'ai tout donné pour faire ton bonheur, je t'ai consacré toute ma vie; et que ça tu ne le sais même pas.
J'étouffe de me réveiller le matin.

Je vais vivre, je vais vivre parce que je ne vois pas d'autre solution; mais j'ai peu d'espoir quand à la possibilité que je trouve quelque chose qui s'apparente à un but. Mais je t'aime Emma, et chaque jour, ton absence me ronge de l'intérieur. Ça n'ira pas mieux avec le temps. J'ai l'impression que ça empire. 
Et je sais que j'ai une capacité d'autodestruction suffisante pour que ça continue.


Oui Emma, je suis malheureux sans toi.

http://www.youtube.com/watch?v=iSYxr-FInPA

Thursday, June 13, 2013

3#

Ça fait trois mois aujourd'hui.
En fait, j'ai pas tellement l'habitude de faire attention aux dates; mais depuis quelques jours quelque chose n'allait pas, quelque chose ne tournait pas correctement. J'ai compris ce matin en regardant le calendrier.

Ça fait trois mois.

Je sais même pas si tu vas bien, si tu es heureuse, si tu as retrouvé quelqu'un avec qui tu es bien, si tu as retrouvé le goût que tu avais perdu avec moi. Moi je suis là, tout seul, à la maison, et je tourne en rond, couché sur mon lit.
C'est difficile encore.

Parfois je me demande, si tu me voyais aujourd'hui, qui je suis devenu, comment j'essaye de m'en sortir; comment tu réagirais? Est-ce que tu serais fier de voir que j'essaye tant bien que mal de rester debout, de me relever à chaque fois? Ou est-ce que tu serais triste de voir quelqu'un de différent, de ne plus ressembler tant que ça au garçon que tu as aimé?

C'est vrai que je me relève plus vite, que j'ai arrêté de pleurer pour rien, de faire ma princesse. C'est vrai, j'ai continué à faire en sorte de devenir plus dur en 3 mois; plus sombre aussi, ça va de pair. Et j'ai du mal à trouver le juste milieu. 

Si j'étais mal dans ma peau, c'était simplement parce que j'avais tout ce dont j'avais besoin. Le manque que je ressentais quand tu étais là, et que j'avais tout. 
C'était le manque du manque.

Aujourd'hui, ça n'arrive plus. Je ne tombe plus pour rien. Maintenant si je tombe au moins.
J'ai une bonne raison.

J'ai dit que c'était dur de ne plus pouvoir tenir ta main quand ça n'allait pas.
En réalité
C'est parce que je ne peux plus tenir ta main que ça ne va pas.

Les souvenirs se sont petit à petit transformés en un fantôme, un fantôme qui me suit, partout, tout le temps, quoi que je fasse. Toutes les minutes je pense à toi, je suis obligé de me battre contre tout le négatif; tout le temps. En me levant. En me couchant. En vivant.
J'ai appris à m'adapter, à réinscrire ma vie dans un contexte où tu n'es plus, à remodeler le quotidien autrement; en mettant tout d'un coté, et en laissant la grosse place au vide immense que je ressens à côté.

J'ai accepté ma vie sans toi.
J'ai toujours pas accepté que tu ne sois plus là.

Ça fait 3 mois Emma.

Ça fait 3 mois où je rêve de toi toutes les nuits. Encore cette nuit j'ai rêvé que tu revenais, qu'on était heureux ensemble, de nouveau. C'était quoi? La 50 ème  fois? J'ai arrêté de compter à 10. Quand je me suis réveillé, j'étais pas triste, j'étais pas mal.
Parce que j'ai l'habitude.
J'ai l'habitude maintenant, j'ai appris à vivre avec ton image à chaque fois que je ferme les yeux, avec ton retour toutes les nuits et ton départ tous les matins.
J'ai simplement appris à transformer ces souffrances là en quelque chose qui m'appartient, qui permet de constituer mon monde. C'est un des piliers sur lesquels repose qui je suis aujourd'hui.

Alors non ce n'est pas agréable.
Mais c'est devenu normal.

J’espère simplement que de ton coté ce n'est pas ton cas, que tu as pu tourner la page et que je n'ai plus de place dans ton présent, à part peut-être dans tes souvenirs.

Dans mon présent, tu prends encore plus de place que quand tu étais là.

C'est vrai, je t'aime encore plus aujourd'hui que quand tu étais là. Je n'ai pas réussir à te détester, je n'ai pas réussi à t'en vouloir. C'est vrai, parfois je me suis dis que ce serait plus facile, plus simple. Mais au final ça ne fonctionne pas.
Je suis donc condamné à t'aimer encore plus, alors que tu ne m'aimes plus.

La boule au fond est toujours là, elle aussi elle fait partie du quotidien, elle aussi me donne ce qu'il faut quand je fatigue; assez de haine, de tristesse et de dégoût pour me relever quand je m'écroule.
Et pour calmer tout ça quand ça déborde.
Bah je fais un câlin à Rex.
C'est con hein?

Ma vie est pas mal, t'es juste plus là. 
Aujourd'hui, c'est ça mon manque.
T'es plus là Emma.

Ça fait 3 mois.

Je m'aime pas plus qu'avant, j'accepterai jamais d'avoir été assez merdique pour pas avoir été capable de te garder heureuse. Je m'en veux, de tout ce que j'ai fait de mal, ou plutôt de tout ce que j'ai pas fait bien; et que je pourrai jamais réparer.
J'ai jamais pu tenir ma promesse que je changerai.
Sauf cette fois où j'ai pas promis.

Y'a un trou dans mon cœur, comme si on avait broyé le centre. Il bat, toujours, mais c'est froid. Tous les sentiments sont inhibés. J'ai parfois du mal à différencier les moments heureux des moments tristes tellement le manque de sensation est devenu important. 

Ça a cicatrisé, tu me diras.
Mais quand ça saignait au moins
Je ressentais des choses.

Si tu veux savoir en passant un jour, j'ai réussi à valider pour semestre par miracle, avec une note presque aussi bonne qu'au premier. Je ne sais même pas comment j'ai fait. Mais en voyant ça, ça n'a pas éveillé le moindre sentiment en moi, juste une chose de plus.

Mon raisonnement est devenu linéaire; faire ce que je dois faire, passer à autre chose, sans rien ressentir.


Je sais que j'aurais des moments plus faciles, des moments plus difficiles; toujours.
Je sais qu'il faudra que je les passe, et je les passerai quand il faudra, j'y arriverai surement.

Ce matin j'ai réalisé que c'était ton anniversaire dans moins d'un mois.
Et j'ai eu peur.

Je n'ai plus peur que de ce qui te concerne aujourd'hui, c'est le seul sentiment qui est resté intact, qui n'a pas perdu en intensité.
La peur.

Peur parce que je ne sais pas comment je vais réagir, ce que je vais bien pouvoir faire. Je me rassure en me disant que j'ai le choix. Mais au final, je penserai à toi, encore un peu plus que d'habitude, et je le ferai savoir autour de toi; tout en te laissant vivre ta vie sans interférer.

Oui c'est vrai, j'aimerais savoir si ton voyage en Allemagne était sympa, si tes vacances aux Etats-unis t'ont plu, si tu es impatiente d'être en vacances, si tu es prête pour le BAC.
Je te souhaiterai un bon anniversaire.
Sans que tu le saches.

Je vais toujours œuvrer pour toi, derrière, caché, je penserai toujours à toi; je serai toujours prêt à la moindre alarme, au moindre signal, pour te récupérer si tu tombes et qu'autour de toi on estime que tu as besoin de moi. J'en doute. Et c'est justement parce que dans le doute, je resterai là.
Je serai toujours là, toute ta vie, derrière, si tu as besoin; sans jamais me montrer, sans jamais que tu le saches. Je ferai ce qu'il faut si il le faut, je le ferai bien, et je le ferai pour ne pas avoir existé à ce moment-là.

C'est mon rôle aujourd'hui, et j'y suis bien.

Je t'aime.
J'y peux rien.
J'ai décidé de te donner ça à vie.
T'y peux rien.
Je suis prêt à me battre pour ça si il le faut.
Si un jour il y a besoin.
Je suis prêt à me battre pour toi.

Ça fait déjà 3 mois Emma.
Allez, plus qu'une vie.


Tu as grandi, et je suis content d'avoir pu t'accompagner à un moment.
J'aurais aimé t'accompagner tout le long.
Mais si un jour tu as envie de refaire un bout de chemin avec moi, sache que
Je suis juste à coté.

Tuesday, May 14, 2013

Partiels

J'ai comme une impression de balance.
La majorité du temps, tout va moyen. En anglais ça parle surement plus, le terme "average".
My life feels average.
Alors des fois, il y a des moments où c'est bien, des moments comme ce weekend. Où je suis avec des gens importants, essentiels, où je peux faire ce pour quoi je suis là; des moments où je me sens à ma place, où je dois être, avec qui je dois être, et où j'ai la chance de pouvoir vivre un petit peu plus.
Jusqu'à la fin.
Cette sensation de balance, c'est qu'après ces moments où, concrètement, je peux dire " ça va "; et bien ça ne va plus du tout. Tout s'écroule, je retourne dans une parcelle de vie où je me sens moins à l'aise, où je suis loin de ce que je veux, de ceux qui savent; un monde bien vide au final et pourtant trop plein.
Vide de ta présence.
Plein de tout ce qui me la rappelle.
C'est forcé, ça va mal, pour rééquilibrer. Pour que je n'oublie pas que même si devant il y a des victoires, elles ne seront que la cause, la suite logique provoquée par ma plus grosse défaite.
En te perdant, j'ai perdu face à la vie. Et c'est gravé.

C'est contradictoire ce sentiment de vouloir garder tout ce qui te concerne, tout ce qui fait le toi désormais, un toi dont je n'ai que les souvenirs; tout en voulant faire abstraction des sentiments de haine, de dégoût, de mépris, de tristesse, d'angoisse. Plus je voudrais que ces choses s'éloignent, plus ça me rassure de m'en rapprocher.

Ce matin mon ipod a complètement planté, j'ai réussi à récupérer les photos et les vidéos et les transférer sur le PC. Je t'ai vu. J'y arrive toujours pas. Je sais pas quand je vais y arriver.
Pourtant j'en ai besoin, j'ai besoin de savoir que c'est là, avec moi.

Ça me permet de justifier beaucoup de choses.

Comme par exemple pourquoi j'ai agit de façon totalement contradictoire avec la personne qui m'a sorti la tête de l'eau pour pouvoir respirer quelques minutes. Ça m'aide, de me dire que dans la douleur il reste ce que tu m'as donné, ce que tu as fait de moi.

Quand on s'est rencontrés, j'étais un connard. Tu m'as appris plein de choses, tu m'as montré que ça pouvait valoir le coup. J'ai essayé de devenir un mec bien. Pour toi.
Aujourd'hui t'es plus là.
Et j'arrive pas à revenir en arrière.

Tu vois, même après, je continue avec des valeurs que je te dois, et ça signifie me faire passer après, toujours.
J'ai du refuser un chemin sympa, un chemin que j'aurais pas parcouru tout seul, qui m'aurait fait voir d'autres couleurs; simplement parce que ce n'était pas à moi de le suivre.
Finalement j'avance toujours avec beaucoup de brouillard en face, toujours en choisissant la route la plus compliquée.
Et la plus hasardeuse.

J'ai la rage tu sais. Ça se voit, ça se sent. Je pars vite, plus vite qu'avant, surtout plus fort. Trop fort.
J'ai appris à mordre.
Mais j'arrive pas à redevenir un connard après ton passage.

Pourquoi t'es partie Emma? Pourquoi tu as pas voulu me croire? Pourquoi je n'avais pas ce qu'il te fallait?
Ce sont des réponses que j'aurai pas, des réponses que je veux pas avoir.
J'ai trop de choses à dire, tous les jours, et je profite du vide que tu as laissé en partant pour les déverser et les oublier.
J'ai peur.
J'ai peur de te croiser dans une gare, j'ai peur d'entendre ta voix, peur de recevoir un message.
Peur que d'une façon ou d'une autre, tu reviennes combler une partie de ce vide.
Peur que tu découvres la moisissure qui s'y est installée, la douleur accumulée.
J'ai vraiment peur car si ça arrive
Je n'ai aucune idée de comment je suis capable de réagir.

Est-ce que je ne supporterais pas ça? Est-ce que ça briserait toute la forteresse que j'ai essayée de construire autour depuis que tu es partie? Est-ce que je trouverais une raison à ma colère?

Je peux crier, je peux pleurer. Je peux m'effondrer, je peux m'enfermer dans un mutisme.
Je pourrais me détruire.
Je pourrais te détruire.

Et c'est la dernière hypothèse qui m'inquiète le plus.

Il faudra du temps, mais non, j'aurai toujours peur. Et si un jour tu reviens, sois prête à avoir en face de toi un mec qui t'aime. Mais un mec défoncé.

En deux mois, j'ai simplement appris à tirer profit de la boule de haine qui loge au fond, à cohabiter avec, à l'apprivoiser. Je m'en sors bien.
Mais elle restera là.

J'aime pas mentir, je suis pas bon pour ça, alors j'ai fait plein de choix depuis que tu es partie. Souvent objectivement bons.
Subjectivement parfaitement discutables.

Je n'arrive pas à t'en vouloir. C'est affreux, je ne peux pas. Alors je baisse la tête et j'admets que oui, j'ai merdé.

Le plus dur c'est de me dire que comme je suis aujourd'hui, je serais surement arrivé à te garder heureuse avec moi. Me dire qu'il aura fallu que tu partes pour que je devienne le garçon que tu aurais aimé aimer.
Ce qui est douloureux, c'est que ça donne un sens à ce que tu disais.
On s'est rencontrés trop tôt.

Et ça aujourd'hui je crois que je le comprends;
Et encore mieux que toi.

Je pense à toi tous les jours, un peu toujours. Parfois c'est plus violent, parfois plus lointain, mais tu es là.

Ça fait deux mois, j'ai l'impression que c'est tellement plus long que quand j'étais en Chine. Et je vais surement pas changer d'impression, car en rentrant cette fois
Tu seras pas là.

L'échec c'est dur à vivre, surtout quand il concerne quelqu'un d'autre.

Les choix, des deux cotés, sont discutables. Il y avait surement d'autres façons, d'autres moments, d'autres mots. J'ai pas su te parler. J'aurai jamais l'occasion de le faire.

Au moins la bonne nouvelle, c'est que je retrouve mes rêves petit à petit.
L'envie, les étoiles dans les yeux, l'espoir. L'espoir, tu sais, le putain de petit truc qui te fait t'accrocher au bord de la falaise et regarder les étoiles quand tu vas tomber, la folie de la démesure générée dans les situations où tout est presque perdu. J'en ai beaucoup de l'espoir, l'espoir que tout au long du chemin que je dois parcourir sans toi il y aura de belles choses. Je vais faire en sorte de construire, d'arracher des victoires.
Je ferai tout pour faire de ce chemin un beau chemin.
Malheureusement, un chemin que je vais parcourir seul.

Cette sensation que je pourrai faire les plus grandes choses, ça ne m'apportera jamais un bonheur aussi important que toi. Voir un plafond que je ne pourrai pas toucher, même en allant plus haut qu'avant.

En partant tu as posé, tu as imposé des limites, que je ne veux pas casser
Ça voudrait dire oublier
Je ne veux pas t'oublier
Je ne peux pas t'oublier
Je peux juste faire avec

Et toi, est ce que des fois, quand tu fermes les yeux, tu me vois?

J'ai toujours été trop impliqué, dans tout, trop entier, trop à fond. Nous n'a pas fait exception.
Et j'ai encore du mal à peser dans cette balance qu'est devenue ma vie le gain et la perte.
Et honnêtement
Je sais pas de quel coté je préférerais que ça penche.

Je ne peux simplement pas écouter dear Bobbie, alors j'écoute les chansons autour.

Je dramatise surement tout, comme d'habitude, au final j'arrive à remplir mes journées.
Mais qui pourra venir me dire que ce n'est pas important tout ça?
Ça l'est.
J'arrive à remplir mes journées.
Ça fait pas moins mal.

Jsuis paumé Emma.
Pas parce que je sais pas où je vais
Mais parce que où que j'aille
J'y vais sans toi



C'est très dur de ne plus pouvoir tenir ta main quand ça ne va pas.

http://www.youtube.com/watch?v=Gmq3fYNs3Fw

Sunday, May 12, 2013

Pas grand chose

Ça fera deux mois demain.
C'est aussi le jour où je vais rentrer chez moi, après ce weekend prolongé à Paris.
Nat vient de repartir faire du droit fiscal. Je suis assis ici, avec mon pc et salem qui tourne un peu partout.
Y'a pas masse d'étoiles à Paris.
C'est un peu compliqué ce soir.
On a vraiment passé deux jours cool. J'ai aimé m'occuper des gamins, j'ai aimé les voir kiffer, j'ai aimé les voir rire. Bosser 14h par jour pour les voir s'amuser, jpense qu'au final, c'est pas tant que ça. J'ai pas spécialement aimé gueuler, mais il le fallait, à ce moment là c'est juste moi.
Ce weekend c'était juste moi. 
Toi me manque toujours.
Tu me manques toujours.
J'ai changé depuis que tu es parti, je me demande si toi aussi. Ce weekend j'ai réalisé vraiment combien j'ai donné pour toi pour laisser tomber le go. Ce que j'ai vécu ce weekend, je pourrai plus jamais faire une croix dessus pour quelqu'un. Genre, je suis vraiment très amoureux de toi, même si je comprends pas.
J'ai grandi pour quelques années en peu de semaines au final. 
J'ai du mal à définir si c'est grâce à toi ou à cause de toi.
Et des fois jme dis, tu voudrais pas revenir? Ça t'arrive d'y penser?
Des fois j'aimerais bien, ce serait plus facile. 
Ce serait trop facile.
Oui ce weekend j'ai bien kiffé, j'ai les nerfs qui craquent complètement parce qu'on a taffé.
Et bien.
On a mangé japonais, j'écoute daft punk et je réalise qu'en 4 jours j'ai récupéré du temps que je n'avais pas eu à donner jusque là.
Du temps que tu as pris, et je suis content que ce soit le cas.

Aujourd'hui ma seule priorité je l'ai trouvée, tant pis si je dois laisser des personnes de coté.
J'ai fait mon choix.


Tu vas encore me manquer mec, comme d'habitude, je t'aime tu sais, on a vraiment géré.

What about moving forward?