J'aurais pu travailler plus, j'aurais du travailler plus; mais j'ai fait ce qu'il fallait.
Et hier quand j'ai eu les résultats; et que j'ai vu mon nom à coté de" U of T "; j'ai obtenu ce sentiment de réussite, d'accomplissement.
Ou plutôt, quand j'ai vu " U of T " à coté de mon nom.
J'ai été admis, et ça met fin à 6 mois de travail, 6 mois de reconstruction; ça donne de la légitimité à qui je suis devenu, ce que j'ai fait pour le devenir. Ça renforce l'idée selon laquelle je suis bien plus fort aujourd'hui seul qu'avant avec toi.
J'ai volontairement mis en place des épreuves difficiles et fixé un objectif haut. Très haut pour moi.
J'aurais pu faire plus facile, et me cacher de la possibilité d'un échec supplémentaire. Mais non. J'ai choisi l'option la plus risquée, et en son sein, pris toutes les décisions les plus dangereuses pour augmenter mes chances. Parce que je suis convaincu que si c'est une réussite aujourd'hui; c'est du au fait que la probabilité que j'échoue était élevée. Et j'ai réussi.
C'est un sentiment particulier de réaliser un rêve; même petit, que l'on apprivoise depuis peu. C'est difficile à expliquer avec des mots; c'est un concept assez unique. J'ai encore le souvenir de me relever pour atteindre cet objectif, de placer ce trophée tout en haut, de tracer un chemin tout droit pour l'atteindre, mais sur lequel il était difficile de ne pas tomber. Le trophée est à moi maintenant, je l'ai dans la main, je l'ai récupéré; et je peux le placer dans le trou béant à l'intérieur pour combler, à défaut de tout, une partie de l'espace.
Tout au long j'ai été soutenu, j'ai obtenu ce soutien sans lequel je serais certainement tombé une fois de plus; mais le fait que je gagne aujourd'hui
Je ne le dois qu'à moi.
Ce serait facile de t'accorder une part significative de ma réussite en disant que je suis qui je suis grâce à ton départ, que ça m'a formé et que je te dois beaucoup pour ça.
Bullshit.
T'as rien à faire dans mon succès; c'est moi qui gagne aujourd'hui
Plus toi.
Plus jamais.
C'est vrai; maintenant j'ai cette micro-sensation de panique au fond parce que la base de ce qui m'a fait me relever, tout ce qui m'a fait tenir jusqu'ici, désormais c'est à moi, et je l'ai mérité. La place des rêves est désormais libre, et pour continuer à avancer il me faut absolument trouver d'autres objectifs, plus grands, plus difficiles à atteindre. Parce que je n'arrive pas à me satisfaire du peu. Ni du beaucoup.
J'ai ce besoin de trouver quelque chose d'encore plus grand à chasser.
Mais ça peut attendre la semaine prochaine.
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C'était la première fois que je retournais au lycée depuis que ça va. C'était une aprem, où la moitié de ma vie là-bas était condensée en quelques heures, où les histoires passées ont resurgi au même endroit, au même moment. C'était bien.
Je dois avouer que je me plais à tirer les légendes sans fin pour leur offrir une conclusion meilleure aujourd'hui.
Et on est sortis hier soir.
J'ai passé une très bonne soirée avec toi. C'était comme si on avait fait ça il y a 4 ans.
Juste, en mieux.
Et le temps a passé vite, et tu as changé; en bien.
Et je commence à me souvenir pourquoi tu m'as plu à la base
Et je l'admets, ça me fait du bien
Et en rentrant dans le froid, malade; les 100 mètres à faire, ces 2 minutes dans le vent et dans le silence qui m'ont parues être des années, ou au moins
10 mois et demi
J'ai levé la tête, et avant d'ouvrir la porte, je me suis retourné et j'ai regardé les étoiles
Et je sais pas, c'est surement moi, c'est surement parce que j'ai vécu une des journées les meilleures de ma vie jusqu'ici, parce que j'étais fatigué et un peu mort, parce que j'étais heureux parce que oui je suis heureux aujourd'hui
Mais je jure sur ma vie
Les étoiles brillaient bien plus que d'habitude.

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