Saturday, January 18, 2014

White trash

Tout est une question de moment, de rythme. Quand il est trop tôt, quand il est trop tard, trop rapide, trop lent, trop mal venu, trop malchanceux. Une chose qui arrive à un moment serait parfois la bienvenue à un autre endroit dans cet espace temporel. Des secondes ou des années.
C'est souvent ce rythme, ou cette erreur de rythme qui crée des regrets, qui supprime des possibilités, qui complique la vie.
Etre au mauvais endroit, au mauvais moment, au mauvais sentiment.
Le temps n'est pas le réel ennemi; c'est la façon dont il est utilisé, les conséquences qu'il a, les empreintes qu'il laisse sur ce qui aurait pu être mais ne sera pas. C'est parfois toute la différence entre l'idéal et l'échec, l'écart entre deux réalités possibles, le point de bifurcation à un tournant important.
Les circonstances, l'environnement a toujours sa part de responsabilité dans ce qui n'est pas. Certains pensent que c'est mieux ainsi, mais c'est certainement faux. On ne peut comparer une réalité actuelle avec une chose qui n'a pas eu la chance d'exister et dont personne ne connaîtra jamais la vérité.
La notion de choix, de décision, la nature défectueuse de l'être humain comme hôte de l'action ou la non action.
Cette logique binaire, absolue, qui peut exploser en des millions de branches. Un arbre de possibilités qui ne seront jamais explorées.

Et si?
L'expression humaine de l'amertume ou du soulagement.

La notion même de seconde chance est un mensonge. Une chance peut être offerte de construire dans une continuité; mais jamais de refaire les choses, autrement.
Jamais.

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Ce sont ces nuances qui ont menées ton existence à avoir des conséquences concrètes dans ma vie aujourd'hui. La notion de timing; car quand tu étais encore là, pour les autres
Aucun timing n'était bon.
Et maintenant, on ne m'offrira pas de seconde chance pour récupérer ce qui m'était offert et que je me suis vu refusé pour toi. C'était un choix. Je ne le regrette pas.
Mais la compensation n'est plus là aujourd'hui; et j'ai perdu des choses qui auraient pu s'avérer avoir plus de sens. Ou plutôt que perdu, refusé.
C'est comme ça que dans mon monde, aujourd'hui, dans un état où j'ai tout changé et j'essaye de recommencer
Je me trouve face à des portes fermées par ta présence passée.

J'ai perdu plus que toi dans l'histoire Emma. 
Beaucoup plus.

Friday, January 17, 2014

Leg ache

Parfois, je souhaiterais que tu me voies aujourd'hui. J'ai des amis autour, des gens que je peux soutenir, des projets réalistes. Des projets réalisables. Je pense moins, j'agis plus. Et ça fonctionne. Bien.

J'ai grandi, ce fut long, ce fut difficile. C'est un peu comme mon appareil dentaire. Je suis content du résultat mais si c'était à refaire, je ne signerais surement pas. Je pense que j'ai fait ce qu'il fallait. C'est un peu stupide, parce que j'ai forcément fait ce qu'il fallait pour être qui je suis aujourd'hui. Sinon je serais quelqu'un d'autre.

Il y a toujours des choses que je fais mal.
J'ai encore plus de mal qu'avant à tenir mes engagements.
Résultat je fais beaucoup moins de promesses.
Je pense souvent au pire.
Plus pour le commettre, pour essayer de m'y préparer si au lieu de le subir, j'y suis confronté.
Je suis toujours aussi dur envers moi-même, peut-être un peu plus qu'avant.
Mais je compense en ayant confiance.
En moi, en ma capacité de faire et de réaliser, de me relever et de rebondir, de gérer et de m'adapter.

J'ai trouvé des solutions pour chacune des choses avec lesquelles tu m'as laissé derrière.
Excepté le mode d'emploi pour mon plus gros problème.
Toi, Emma.

Alors j'ai cherché, j'ai passé des dizaines, des centaines d'heures à chercher un remède, le moindre signe qui pourrait me mener à la solution. J'avais la volonté, je l'ai toujours eue; il me manquait simplement l'essentiel.
L'intitulé du problème.

Tout ce temps, c'était pas toi le cancer Emma, c'était la personne que tu étais.
Et la personne que tu étais, tout comme la personne que j'étais; elle a disparu depuis longtemps.
Mais il m'aura fallu des mois pour le réaliser.
J'ai espéré le retour, j'ai cherché à oublier, me souvenir; j'ai aimé une personne qui n'existe plus.
Et je pense que je l'ai toujours su.
Mais aujourd'hui
Je suis prêt à l'admettre.

Je t'aime, et ce n'est pas normal; normal au sens intrinsèque même de qui je suis; la normalité définie par moi et pour moi. En réalité, j'aime un souvenir. Pas celui de notre histoire, mais celui de qui tu étais, et que tu ne seras plus.
Ça ne change rien, tu as ruiné ma notion de confiance, tu as laissé un cratère trop grand pour qu'il se referme jamais entièrement. J'ai perdu bien des choses que je pourrai jamais récupérer.

Et aujourd'hui si je me repose la question, est-ce que ça valait le coup?
Non, pas avec la fille que j'aime.

Mais avec le présent, avec qui tu es aujourd'hui?
Alors oui, définitivement.

J'aurai jamais la chance de finir ce que tu as commencé en croyant terminer; parce que les au revoirs que j'aurais du pouvoir faire à la fille que j'aimais, j'aurais du les faire au moment où elle est partie.
Des mois avant ton départ.

Je suis amoureux depuis trop longtemps de quelqu'un qui n'existe plus, et c'est vrai; même si à une époque j'étais persuadé qu'il n'y avait pas de façon d'éteindre ça; même si je pensais que jamais je ne pourrais faire ce deuil là, aujourd'hui

J'y travaille.

http://www.youtube.com/watch?v=92XVwY54h5k

Tuesday, January 14, 2014

Serum

J'ai une tendance maladive à reporter la faute sur toi.
J'ai l'impression d'avoir fait les choses à reculons. J'ai commencé par te pardonner, à considérer que tu étais un bon souvenir, avant de remettre en cause le positif; pour finalement rejeter toute la faute sur toi. J'ai effectué le moon walk de la rupture quelque part. Le fait est que désormais, j'ai pris l'habitude de balancer la faute sur toi pour chaque truc qui foire dans ma vie. Je suis devenu un expert pour trouver des motifs et t'approprier ce qui ne va pas; pour te pointer du doigt à chaque couille. Je suis très bon pour ça.
Dans le fond j'y crois pas moi-même, mais j'ai l'impression d'avoir fait ma peine. J'ai pas envie de souffrir encore pour les mêmes choses, alors je change de responsable. Et puis c'est facile: t'es plus là. Si je veux, je peux bien dire que c'est de ta faute le réchauffement climatique; personne est là pour me dire le contraire. On n'osera pas Emma. Les qui t'ont connus ont peur de toi, on peur de ce que tu représentes pour moi, de l'impact que tu pourrais avoir si tu réapparaissais. Personne n'aurait le courage de contredire même la chose la plus absurde que je pourrais inventer à ton sujet dans cette maison. Alors je m'accorde un droit de mensonge. Je mens beaucoup pour panser les blessures, donner l'illusion que tu étais juste une erreur et que je suis tellement mieux sans toi. C'est bizarre, mais personne n'osera questionner quoi que ce soit; il s'agit de toi. J'ai acquis une étrange liberté totale lorsque tu apparais dans l'équation. Ce que je peux dire, faire, penser; rien ne s'y opposera.
Il n'y a que moi pour savoir que ce sont des conneries.

J'apprécie pas que tu aies menti. Honnêtement je vois ça comme un crachat sur ce qu'on a vécu. C'était précieux pour moi. Pour toi, je m'en fous. La façon dont les choses ont été reprogrammées ici ne sont pas à ton avantage. Je voulais obtenir une réalité où je t’idolâtrerais, t'aimerais, pleine de compréhension et d'espoir. A la place s'est façonné une autre vérité, mon mensonge; dans lequel tu es responsable, car moi j'ai payé ma dette après tout ce temps alors que toi non. Une vie où tu représentes un ennemi.

Comment j'en suis venu à te considérer comme une ennemie?
Bah, j'en sais rien, t'avais qu'à faire les choses mieux.
C'est de ta faute ça de toute façon.

Facile, t'as vu?

Cette façon de vivre, de voir les choses est certainement temporaire. Etat transitionnel avant de revenir vers quelque chose de plus logique, objectif, conciliant envers la réalité des choses et le passé. Ma mentalité actuelle ne correspond pas à ce que j'ai vécu quand tu étais là. Il y a des fautes de logique évidentes qui m’empêchent de faire le lien et font que je ne peux pas penser à notre relation.

C'est peut-être l'ultime technique d'illusion mise en place par mon cortex cérébral
Altérer la réalité même des choses et bloquer son accès.

Je ne sais pas combien de temps cet état durera, mais tant que c'est le cas; si un jour la folie te prend de m'approcher, abstiens toi
Parce que comme tu as craché sur nous
Moi j'hésiterais pas à cracher sur toi.

Monday, January 6, 2014

Barfing

J'ai pas réussi mes partiels, j'ai pas bossé pour. J'ai essayé. Mais j'ai pas bossé. J'ai vu mes amis pour la dernière fois avant longtemps. J'ai plus de pc. J'ai plus rien à bouffer. J'ai trop à travailler.
Mais le plus dur c'est les relents. Les relents de peur, peur que j'ai eue quand il est tombé devant moi. Quelque chose a craqué, quelque chose s'est brisée. Ma ceinture de sécurité s'est détachée pour me souhaiter bienvenue dans la vraie vie. La réalité en face de moi me demande de faire des choix, plus difficiles aujourd'hui que jamais. Et objectivement, c'est difficile.

J'ai jamais été un bon grand frère, ni un bon fils, ni un bon petit-fils. Je suis pas un super ami, bien moins un bon copain. Objectivement, je suis pas grand chose.
Je m'en veux, tous les jours, pour les erreurs que j'ai faites ; auxquelles s'accumulent tous les jours de nouvelles. Et j'en ai assez de mentir.
Toi aussi je t'en veux.

Depuis le moment où tu es partie, j'ai essayé de créer une bulle, d'enfermer ce sentiment que je jugeais inapproprié, égoïste, méchant; un sentiment qui ne représentait pas qui j'étais. J'ai changé et cette bulle est la seule chose que j'aie, tant bien que mal essayée de garder intacte. Jveux plus.
 Bien sur que je t'en veux de m'avoir jeté comme si j'étais une merde. Tu pouvais partir sans me traumatiser à vie, t'avais d'autres façons de faire. T'aurais pu partir des mois avant quand tu avais pu, ou des heures avant quand j'étais là. Tu as voulu quoi? Me laisser une bonne image ? C'était lache, et tu savais à quel point je t'aimais, comment je t'aimais; tu en as rien eu à foutre. Oh tu as pleuré quelque jours, tu as passé quelques heures sans sourire, hein? Moi j'ai passé des mois sans rire, j'ai voulu crever; genre vraiment crever. T'as pris des nouvelles, jdis pas que t'en avais rien à foutre. Mais t'as fait de la merde à ce moment là et à mes yeux tu as gaché notre histoire; deux ans et 7 mois de ma vie. J'ai gaché la tienne aussi ; mais j'ai envie de dire nique, t'as un copain, t'es heureuse; les photos de moi sont surement au fond d'une décharge, ou au mieux d'un tiroir. Moi j'ai pas eu d'anniversaire, j'ai pas eu de Noël; je cherche encore qui je suis devenu et pourquoi, que faire avec ça. Bien sur qu'une partie de moi te déteste, parce que t'avais pas à me broyer comme ça. T'avais pas à partir en putain de voleuse, t'avais pas à charger tous ces petits mensonges à retardement. Oh ok j'étais un connard, et quelque part tu as eu ta vengeance ; joli coup. Mais j'ai même pas eu la main ensuite? Tout ce que je déteste dans qui j'étais; tu l'as été à ce moment, et c'est dégueulasse. Parce que dans le fond tu peux être heureuse tout ça tant que tu veux, ça me fera pas le devenir.
Mais tsais quoi, le truc qui fait vraiment qu'aujourd'hui j'ai la rage, et un peu contre toi
C'est que j'arrive pas à arreter de t'aimer.

Et ça c'est de ta putain de faute.

Sunday, December 22, 2013

Giants

J'aurais du mal à expliquer comment ça fonctionne. J'ai une bonne intuition, je l'ai toujours eu avant de te connaitre, pour la perdre quand tu étais là.
Et la retrouver quand tu es partie.
J'aurais du mal à définir comment je savais que tu étais avec quelqu'un, peut-être moins avec qui. En apprenant ça, j'ai pas été étonné, ça m'a pas surpris. C'était l'évolution logique des choses, je savais depuis longtemps que ce serait ce qui arriverait. Je ne peux pas nier que j'ai même senti une pointe de fierté à avoir eu raison. Parce que ça prouve qu'une fois au moins, sur un point; j'avais raison.
Et toi tu as menti.
Tu as menti pour des raisons légitimes, mais sur toute la ligne, là-dessus
Tu as menti.
T'es pas si différente que tu penses des autres tu sais. Tu es mieux, c'est indéniable; bien mieux, mais lorsqu'on te pousse là où tu ne veux pas; tu as les mêmes réactions. Tu mens, tu fuis, tu évites.
T'es pas différente des autres nanas Emma.
T'es juste différente pour moi.

A mes yeux tu as ce privilège qui semble te protéger, ou du moins protéger le toi que j'ai connu. 
Apprendre que tu avais trouvé quelqu'un ne m'a pas rendu triste, ni dépressif. J'ai pas replongé. Ca m'a fait mal, mais j'ai juste senti un petit coin isolé au fond se tordre; et en réalité
C'était pas grand chose.
Parce que moi, comme je suis aujourd'hui, je ne t'ai jamais rencontré. Tu existes, tu existes dans des souvenirs, dans des images, dans des émotions, des sentiments. Mais concrètement, t'as jamais été là en face de qui je suis devenu. 
T'as plus jamais été là depuis que tu es partie.

J'aurais aimé avoir droit à la vérité. Aussi ridicule que cela puisse paraitre.
Aujourd'hui je m'en sors, j'avance. J'ai perdu la fille que j'aimais, j'ai gagné d'autre choses. Mais si il y a bien un truc que tu as tué avec ton départ
C'est la confiance.

J'avais confiance en toi Emma. Et aussi misérable que j'étais, je te croyais. Je t'ai cru quand t'y croyais plus. 
Il y a une raison qui fait que je me suis endurci au final. Je pensais que c'était les épreuves que j'avais traversées, mais c'est faux. J'ai rien traversé d'assez dur pour devenir comme je suis aujourd'hui. C'était affreux pour moi, mais pas nécessaire à justifier un tel bouleversement. Ce qui m'a fait devenir plus fort, c'est que j'ai perdu la notion de confiance. Je ne fais plus confiance, et la seule personne sur qui je peux me reposer aujourd'hui est celle sur laquelle je n'avais jamais osé fonder d'espoir.
C'est à dire moi.

Certains diront que c'est une illusion. Qu'on ne peut pas vivre sans amour, sans confiance; que ça consume, que ça tue à petit feu.
C'est faux.
Moi je peux.

J'ai de l'amour pour des gens; j'ai des personnes essentielles dans ma vie, ça ne change pas; mais j'ai fermé les portes d'entrées pour la suite. 
Au final, la raison pour laquelle t'es la femme de ma vie c'est pas que je n'aimerai plus jamais.
C'est que j'ai perdu ce qui était essentiel pour construire à deux.
Et honnêtement, j'en ai pas besoin.
J'en ai plus rien à foutre de crever sans une fille qui m'aime à mes cotés.

Alors avance bien, sois heureuse; tu as trouvé quelqu'un de bien.
J't'en veux pas, j'ai arrêté d'essayer au moment où j'ai arrêté de t'attendre.

Moi j'avancerai aussi; loin.
Tout seul.

Merci pour m'avoir ouvert les yeux et m'avoir montré que l'amour était le plus beau des mensonges.

http://m.youtube.com/watch?v=xcDrFTJj90Q

Tuesday, December 10, 2013

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Ça va faire 9 mois.
Ça va faire 9 mois et les choses ont enfin réussies à aller.
Ou plutôt, ça fait 9 mois, et j'ai enfin accepter d'admettre que les choses vont bien, et qu'elles iraient bien pendant un petit moment.
J'ai la sensation que tous les changements ont été effectués. Qu'ils aient été nécessaires ou facultatifs, imposés inconsciemment; qu'ils soient physiques, psychologiques, environnementaux, comportementaux; j'ai le sentiment que j'ai atteint un point où tout ce que j'ai construis en 9 mois, tout ce que j'ai fait, cette vie que j'ai modelée avec l'aide de mes proches; j'ai l'impression que cette existence se suffit à elle-même, sans un besoin constant de puiser ses ressources essentielles dans le passé et les sentiments négatifs associés. C'est en redéfinissant légèrement ce qui n'était plus qu'il est plus simple pour ce qui est d'avoir du sens et d'obtenir un statut, même si ce n'est que de façon partielle, d'indépendance vis à vis de l'avant. 
Cela ne signifie pas l'oubli. Ça peut s'apparenter à de l'acceptation, mais ce ne serait pas vraiment exact. C'est plutôt une compréhension. Je n'oublie pas ce qui s'est passé, je n'accepte pas ce qui au fond de moi est inacceptable et autour de quoi j'ai pu rebâtir quelque chose. Mais je comprends ce qui est arrivé. Pas pourquoi, pas comment, pas vraiment quand. Mais je réalise l'acte et ce qui l'a précédé.
Je comprendrai jamais ce qui a gravité autour de tout ça. J'ai plus envie aujourd'hui, ça aurait pas de sens pour moi. Je ne suis pas de ceux qui pensent que " mieux vaut tard que jamais ". C'est quand c'est utile, ou c'est jamais. Maintenant ça ne me servirait plus à rien. Un tas de choses que tu as laissé dans ma vie ne sert plus à rien. Pas le matériel, mais les empreintes sur moi, qui j'ai été, qui je suis, qui je serai; elles prennent de la place, parce qu'il faut les cacher. Cette place, elle n'est pas, chez moi, extensible. J'ai été forcé pour les placer là de sortir ce qui y était enfermé. Un échange de caractéristiques psychologiques, de fondements de ma personnalité qui a mené à la transformation qui s'est opérée. Rien n'a changé en surface, je rigole toujours aux même blagues, je m'énerve toujours pour les mêmes choses; ce qui me rassure car prouve que j'ai retrouvé un total contrôle partiel de mes émotions; mais à l'intérieur les processus de réflexion, de réaction, de développement sont nouveaux. Il m'aura fallu des mois pour m'y adapter, en pensant les avoir créer de toutes pièces. En réalité tout était déjà là, il m'a juste été donné d'apprendre. En fait, je n'ai pas modelé qui je suis devenu, c'est qui je suis devenu qui a dicté les changements. Ça n'a pas une signification déterministe bancale, c'est qu'au lieu de savoir ce que je devais faire sans savoir vers quoi ça menait; c'est plutôt que je savais exactement à l'avance où je voulais aller; et devais trouver un chemin. Au fond, je pense que toutes les routes m'y auraient amenées. Certaines bien plus vite, d'autres grandement plus lentement. Mais c'était, en rétrospective, essentiel. Dur, dangereux parfois, mais utile. 
Ça m'a fait comprendre que lorsque l'on a un but, la réalisation de l'objectif ne se trouve pas uniquement dans le résultat final. Le chemin pris pour l'atteindre et ce qui le constitue détient aussi un rôle essentiel.
Tout comme les personnes qu'on y croise.

Et le manque qui va avec les départs.

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Je pense qu'il y a une multitude de façons de faire face à ce que j'ai traversé. Parce que ce n'est pas d'une gravité extrême et ne présente un danger que limité, le nombre de "traitements" est quasi infini. Il est en partie propre à chaque individu et, même, à chaque histoire. Mais je pense qu'il est possible de catégoriser les réactions.
J'ai vu les opposées.
J'ai vu quelqu'un qui s'est appuyé sur la notion d'espoir, sur l'avenir, la vision du futur. Quelqu'un qui a pris comme base ce qui existait, pour aller vers l'avant, en gardant le sourire pour essayer de surpasser une épreuve qui aurait du bon, pour avancer dans la vie. Une vision basée sur l'après, bâtie autour d'un noyau illuminant de notions positives, avec l'envie de voir la lumière là où quelque chose manquait.
C'est compréhensible, c'est faisable et c'est une solution viable qui, si on est capable de la suivre, présente moins de risques que d'autres je pense. C'est une bonne façon de faire.
Pas pour moi.
Je n'ai pas réussi à prendre l'espoir comme moteur, pour la simple et bonne raison que cette caractéristique chez moi ne présentait pas un rayonnement suffisant. Le passé a engloutit mon futur. Par contre, les événements ont nourri ma peine, ma colère, ma haine, ma tristesse, ma douleur, mon dégoût. A un point où cet ensemble négatif est devenu la chose la plus forte en mon sein. J'avais besoin de force pour me battre contre moi-même et mon malaise. J'ai simplement pris possession de l'arme qui me donnait le plus de chances. J'en ai fait ma base, bancale certes; mais contrairement à l'espoir qui est fragile et peut se briser à tout moment, le négatif ne risque pas d'imploser. J'ai construit autour de cette vision, j'ai commencé à redéfinir une existence en me nourrissant du mauvais.
Pour construire quelque chose de bien.
Moi je n'ai pas voulu me baser sur l'espoir, parce que j'ai essayé.
Et ça n'a pas fonctionné.
Quand un sentiment aussi fragile se brise, le risque que tout s'écroule est trop important.
Moi j'ai fait naître l'espoir de son antagoniste.
J'ai recrée le positif en puisant dans ce qui me faisait mal. Si tout explose? Ce n'est pas grave; le cœur restera intact. On ne détruit pas ce qui fait mal, on l'atténue mais jamais on ne le fait disparaître. Et je produirai de nouveau de la force, de l'espoir, du courage à partir de ce qui est douloureux.

Certains diront que l'on ne peut construire quelque chose de tangible en se basant sur la haine, la colère, ou quelque sentiment néfaste. Le mal ne gagne pas face au bien.
La vie, c'est pas un film.
Et dans la vie, c'est évident que le mal est toujours plus fort.

Et j'ai la conviction que même si ma base négative n'est pas aussi puissante que quelque chose qui repose sur l'espoir; l'espoir qui en résulte et bien plus puissant à mon sens que s'il provenait d'une base récursive.

Et je suis certain que je suis bien plus fort comme ça que ce que je ne le serais autrement.
Même si cela implique les débordements liés aux fuites du noyau.

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Désormais, après avoir eu cette impression d'atteindre un point de changement suffisant, approprié; j'ai le sentiment que la prochaine étape est de récupérer une partie de ce que j'ai laissé derrière et qui me faisait. Aujourd'hui, je suis bien plus fort qu'avant, mais j'ai laissé derrière des choses et des gens qui étaient, si ce n'est essentiels, importants dans ma vie et me procuraient ce que je n'ai plus aujourd'hui. En récupérant cela, je serai encore mieux, je sentirai d'autres manques se combler. Après avoir gravi cette petite colline, la prochaine étape c'est d'arriver à redescendre en récupérant tout ce que j'ai laissé en route.

Car c'est vrai.


Le go me manque.

Saturday, December 7, 2013

Enzo

Ça faisait 1 an et demi qu'on s'était pas vu. T'étais parti en voleur pour prendre ton train. Et le jour où t'es revenu, c'est moi qui devait m’éclipser. On avait pas vécu plein de trucs incroyables tous les deux, si ce n'est des dizaines de soirées chez moi, à réviser quand il y avait partiels pour se planter quand même, à s'engueuler pour savoir si oui ou non on mettrait arte, à remonter le canapé tous les quarts d'heure après réaliser qu'on était assis par terre.
J'ai pas compté le nombre de tartines de nutella, ni les fois où j'ai réussi à te forcer à jouer au go. J'ai toujours les pages de bd qu'on dessinait pour passer le temps en CM, qui racontent une histoire, de deux mecs un peu paumés qui s'étaient pas trop mal trouvés.On avait l'imagination, pas forcément l'envie, mais ça nous allait bien comme ça.

Je me souviens quand on est sortis à minuit avec -5 dehors pour acheter des pizzas à engloutir devant le Super Bowl. On comprenait rien, on savait pas trop pourquoi on regardait ça; mais on kiffait.

Et on est partis 3 mois en Chine, on a vécu des trucs cool, on a emmagasiné les souvenirs Kevin, toi et moi. Les péripéties, les aventures, les prises de tête rarement, les fous rires tout le temps. Tous les trois on se pensait invincibles là-bas.
On l'était, définitivement.

On est rentrés, et chacun est parti de son côté. Moi j'étais plus aussi intouchable. La vie a suivi son cours pour nous trois, elle a pris les tournants qu'elle devait sans que les chemins se recroisent. On a pas cherché à les réunir non plus. Ça a pas été la meilleure période pour moi, c'est certain. Mais quand tu m'as envoyé ce texto ça a été bizarre pour moi.
Bizarre parce que j'avais fait une croix sur les 3 dernières années, justifiant l'oubli partiel par cette pensée que c'était mieux sans. En pensant, à tort, que le négatif était tout ce qui devait en ressortir.
Mais j'ai avancé, et j'ai voulu que tu viennes; j'ai voulu qu'on puisse se revoir.

J'étais content quand t'es arrivé gros, et 1 an et demi m'a plus paru être un jour et demi. On a ri, on a parlé d'avant, de maintenant. J'ai réalisé que contrairement à ce que je me tue à vouloir, il n'y a pas eu dans ma vie cette cassure nette qui a mutilé subitement ces 3 années. J'ai vécu des trucs cool. Avec et sans elle. Avec vous, avec toi.

J'étais heureux de te voir mec, comme j'ai pas été heureux depuis assez longtemps. T'as insufflé un peu de vérité dans le mensonge que j'ai fabriqué.
Hey, j'ai le droit d'avoir eu une vie entre le lycée et la fac.
Merci pour ça.

Et à bientôt mec.

Le 2 février, c'est le Super Bowl; je t'attendrai à la gare gros, alors pas de faux plan ok? 

http://www.youtube.com/watch?v=6QFwo57WKwg